vendredi 20 avril 2018

Boudicca / Jean-Laurent Del Socorro

Quatrième de couverture :

"Angleterre, an I. Après la Gaule, l'Empire romain entend se rendre maître de l'île de Bretagne. Pourtant la révolte gronde parmi les Celtes, avec à leur tête Boudicca, la chef du clan icène. Qui est cette reine qui va raser Londres et faire trembler l'empire des aigles jusqu'à Rome ?

A la fois amante, mère et guerrière mais avant tout femme libre au destin tragique, Boudicca est la biographie historique et onirique de celle qui incarne aujourd'hui encore la révolte."



"Il n'y a pas de honte à renoncer car seuls les dieux ne connaissent pas la peur. Je ne vous jugerai pas. Je vous pose simplement la question : serez-vous, aujourd'hui, à mes côtés ?"


Mon avis :

Ce mois d'avril sera épique ou ne sera pas ! Je continue sur ma lancée, ayant soif d'aventures. C'est en suivant l'actualité du festival Les Imaginales (https://www.imaginales.fr/) que j'ai eu connaissance de ce roman, en lice pour le prix Imaginales des bibliothécaires. Je ne ferai pas partie des bibliothécaires votants, n'ayant pas pris le temps de m'y intéresser concernant l'inscription, mais pourquoi pas une prochaine fois ? J'espère déjà pouvoir me rendre au festival.
Quoiqu'il en soit, ce roman me tentait beaucoup.

Si j'ai aimé découvrir la vie de Boudicca (ou Boadicée), que je ne connaissais absolument pas, je n'ai en revanche pas ressenti de plaisir exceptionnel à la lecture. La plume est bonne, certains passages sont très beaux voire émouvants, mais globalement cette lecture me laisse sur une impression mitigée.

En cause : le récit très direct qui ne prend, à mes yeux, pas la peine de développer la psychologie des personnages (sauf de Boudicca, bien sûr, mais qui ressent au final souvent la même chose). C'est compréhensible, dans la mesure où l'auteur a fait avec les informations dont il disposait, qui doivent être connues seulement dans les grandes lignes.
Ainsi, si certains passages (en lien avec son rôle de mère notamment) sont magnifiques et ont remué quelque chose en moi, le reste du récit m'est apparu assez lapidaire, comme une succession de faits rapportés sans grande émotion.

Quant à la fin, je l'ai trouvée originale. Alors que la biographie, à proprement parler, de Boudicca se termine, l'auteur enchaîne sur une nouvelle qui semble n'avoir rien à voir avec le roman. Elle concerne d'autres personnages, une autre période de l'histoire... Il s'agit de la Boston "tea party" : https://fr.wikipedia.org/wiki/Boston_Tea_Party. Et pourtant, les motifs de révolte semblent les mêmes que ceux qui ont animé Boudicca et son peuple. Ce qui fait que l'on referme le livre en songeant différemment aux révoltes, et que les "gentils" habitants de Britannia peuvent apparaître plus tard comme des colonisateurs à leur tour.

En bref, un livre intéressant qui aurait pu me plaire davantage, mais qui pourra faire mouche chez les personnes qui n'aiment pas trop les biographies romancées.
Pour ma part, sur un thème un peu semblable, j'ai préféré Le Pas de Merlin, de Jean-Louis Fetjaine, qu'il faudrait que je relise si je veux en parler ici. J'en avais gardé un bon souvenir, mais qui date... Signalons également la nouvelle trilogie (en cours de publication et que je n'ai pas encore lue) de Jean-Philippe Jaworski, Les Rois du Monde, également à propos de la conquête romaine, mais de la Gaule cette fois.

vendredi 13 avril 2018

Janua Vera / Jean-Philippe Jaworski

Quatrième de couverture :

Entrez dans le Vieux Royaume.

De Montefellòne à Ciudalia en passant par Bourg-Preux, venez en découvrir les mystères.

Et si vous croisez un certain Benvenuto : tremblez !




Mon avis :

On aura rarement fait plus lapidaire, comme quatrième de couverture, mais elle se suffit à elle-même ! Je lis le recueil des Récits du Vieux Royaume : y sont compilés les nouvelles regroupées sous le titre de Janua Vera et le roman Gagner la guerre. Faisant plus de 1000 pages au total, et lisant lentement, j'ai choisi de faire deux articles pour éviter d'attendre trop longtemps avant de donner mon avis très enthousiaste.
Voici donc mon avis sur Janua Vera.

Ces dix nouvelles se déroulent toutes dans le Vieux Royaume, un monde imaginaire aux accents parfois médiévaux, aux décors parfois méditerranéens au temps de la Renaissance. Dans tous les cas, l'ambiance est superbe et on se laisse happer à chaque fois ! Je me suis parfois fait la réflexion qu'il manquait peut-être une carte pour visualiser encore mieux l'univers, mais cela ne nuit toutefois pas à la compréhension et permet de mobiliser l'imagination de chaque lecteur.
Chaque nouvelle est différente de sa voisine, avec son intrigue propre, son atmosphère propre, ses personnages marqués.
J'ai même eu l'impression que le récit suivant était meilleur que le précédent, ce qui un exploit quand on a déjà adoré ce qu'on vient de lire. J'ai vraiment été surprise par ce point. Ce qui m'a plu également, c'est la fin donnée à chaque nouvelle, qui ne se clôt pas de manière définitive, car on peut en effet retrouver un personnage qu'on n'a fait que croiser dans un récit précédent ; mais aussi il s'agit de fins ouvertes. Elles laissent bouche bée, elles donnent à réfléchir, ce qui peut paraître parfois frustrant, mais qui me plaît personnellement, car cela me permet de rester encore un peu en compagnie des personnages une fois ma lecture finie, à m'interroger sur les implications et la signification d'une telle fin.

La force de ce recueil réside aussi dans la plume de Jean-Philippe Jaworski. Quelle claque ! Un véritable coup de foudre ! Il manie les mots tel un orfèvre : richesse du vocabulaire, comparaisons originales, bonne connaissance de l'univers médiéval-fantastique, ...
Il maîtrise tous les styles avec brio, pouvant ainsi décrire une bataille, une errance, écrire un conte grave teinté de mélancolie, rapporter une légende rurale inquiétante, faire naître une véritable angoisse alors qu'on est au chaud dans son canapé ou dans son lit, détendre l'atmosphère avec une nouvelle humoristique, etc.

Toutes les nouvelles m'ont marquée, m'ont fait vivre des sensations différentes comme rarement un livre ne l'a fait. Je n'ai vraiment rien à redire, tout est parfait : un grand auteur à connaître !

samedi 7 avril 2018

Notre-Dame-aux-Écailles / Mélanie Fazi

Quatrième de couverture :

"Saviez-vous qu'à Venise, qui vole des soupirs encourt la vengeance de la ville ? Connaissez-vous vos plus sensuelles métamorphoses, lorsque vous êtes loup, lorsque vous devenez lionne ? Avez-vous déjà pris un fleuve pour amant ?
Partez à la découverte des troubles secrets de l'âme et des lieux les plus hantés : une villa qui palpite des vies enfuies, l'océan dont certains ne reviennent plus tout à fait humains, ou encore ce train de nuit qu'empruntent ceux qui cherchent l'oubli...
Mais attention : de ces voyages intimes et inquiétants, on ne rentre pas indemne."




Mon avis :

Je connaissais Mélanie Fazi de nom, ayant lu plus jeune Trois pépins du fruit des morts. Je serais bien incapable de développer plus amplement mon avis. Le temps passe, et les lectures avec...
Lorsque j'ai vu ce livre à la médiathèque, j'ai pensé qu'il pourrait me permettre de me plonger dans l'univers de l'auteure. J'ai été attirée par son titre qui m'a paru si poétique et suffisamment fantastique pour me plaire. La quatrième de couverture a achevé de me séduire ; il fallait que je reparte avec.
Je ne me suis pas trompée.

Douze nouvelles sont regroupées dans ce recueil, plus ou moins longues, aux noms évocateurs :
La cité travestie, En forme de dragon, Langage de la peau, Le train de nuit, Les cinq soirs du lion, La danse au bord du fleuve, Villa Rosalie, Le nœud cajun, Notre-Dame-aux-Écailles, Mardi gras, Noces d'écume, Fantômes d'épingles.

J'ai trouvé la plume de Mélanie Fazi très poétique, sans être inaccessible. C'est beau.
J'ai vécu des lectures très agréables, qui m'ont transporté loin, là où l'auteur voulait nous emmener (exploit qui fonctionnait également lorsque je lisais quelques lignes durant mes trajets en bus, c'est dire !). Elle a l'art de décrire si justement et si profondément des éléments pouvant paraître insignifiants : une musique, dans En forme de dragon, à tel point qu'elle prend forme dans notre esprit et qu'on regrette presque de ne pas en connaître le nom pour ensuite comparer les sensations ; une ville jusque dans ses moindres détails, comme si l'auteure la connaissait intimement, car tout le laisse à penser ; une maison sur laquelle je ne peux pas m'étendre, car c'est le sujet principal de Villa Rosalie...
C'est justement là sa force, c'est précisément ce détail qui fait qu'on est emporté dans l'histoire et que le retour à la réalité est parfois difficile. J'étais tellement proche des personnages, même en une courte nouvelle, que mon regard sur le monde réel après avoir fermé le livre m'a semblé différent.
Quel coup de maître !

Les sujets traités sont pourtant très durs, teintés de mort, de maladie, de folie... Mélanie Fazi choisit  de les aborder sous l'angle du fantastique, et je pense que c'est ce qui les rend plus supportables, plus lisibles pour moi en tout cas, tout en en ressortant quand même bouleversée. Bouleversée mais heureuse d'avoir lu de si belles lignes.

Un bémol ? On ne peut pas plaire à tout le monde, et donc certaines nouvelles m'ont moins touchée que d'autres. Mes préférées : Villa Rosalie et Notre-Dame-aux-Écailles, puis La cité travestie, La danse au bord du fleuve.

Une chose est sûre : je vais m'empresser de lire d'autres récits de Mélanie Fazi, ou peut-être vais-je faire durer le plaisir. Savoir qu'il me reste plusieurs de ses écrits à découvrir, ne serait-ce pas là l'assurance d'être "encore heureuse*" ?


*(Clin d’œil à Jules Renard en sous-titre de ce blog : "Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux.")

Je termine sur des photos de mon chat, qui a aussi adoré ce livre ! Le précédent emprunteur aimait aussi sans doute ces petits félins :-)



jeudi 29 mars 2018

Le livre du lagom / Anne Thoumieux

Quatrième de couverture :

"Le lagom (prononcer LAR-GOM], c'est l'art de la simplicité à la suédoise. Il signifie quelque chose comme "ni trop, ni trop peu", "suffisamment", "à sa juste valeur".
Pourquoi ne pas s'inspirer de ce mode de vie typiquement scandinave, en droite ligne avec la tendance "slow" ?
L'auteur propose une approche globale de ces phénomènes de modération joyeuse, de simplicité assumée, qui pourraient bien aider à construire une société meilleure pour demain. Elle étudie le lagom à travers les différents aspects de notre vie : qu'est-ce qu'éduquer, travailler lagom ? Recevoir lagom ? A quoi ressemble la mode, la beauté, le bien-être lagom ? Et surtout, qu'en disent les Suédois ?"




Mon avis :

J'avais déjà entendu parler du "hygge" danois, et voilà que je viens de découvrir le "lagom".

Concernant le hygge, je ne m'y étais pas intéressée plus que ça, car j'ai perçu cette façon d'être comme du cocooning d'hiver, ce que je pratique déjà, et ce bien avant que ce soit arrivé à la mode. Car c'est vrai que j'ai également perçu ça comme une mode, voyant des articles fleurir un peu partout à ce sujet, et des magasins surfer sur cette vague.
Pourquoi le lagom m'a-t-il plus attirée alors ?
Parce qu'il s'agit d'une philosophie de vie, d'une attitude à adopter dans tous les domaines du quotidien. C'est quelque chose que je pratique déjà dans mes achats d'alimentation par exemple : privilégier les circuits courts et les produits de qualité, quitte à en acheter moins s'ils reviennent plus cher.
J'ai donc découvert qu'on pouvait appliquer cette façon d'être dans tous les domaines.

Après avoir expliqué le principe d'un mode de vie lagom, de manière assez développée car intraduisible en un seul mot français, le livre s'ouvre sur un test : "suis-je lagom ?" pour savoir si vous êtes parfait, ou s'il vous reste des progrès à faire :-)
Plus sérieusement, l'auteur a bien conscience que ce mode de vie peut paraître trop beau, trop parfait et un peu trop sage et ennuyeux à certaines personnes, et elle prend le temps de s'expliquer sur ce point.

Ensuite, les chapitres sont consacrés à un aspect précis de la vie : la mode, la beauté, la décoration, les loisirs, la travail, l'alimentation, etc.
Je pense que chacun peut y trouver un peu d'inspiration, ainsi que des conseils utiles (marques de vêtements éco-responsables, conseils de soins et de routine beauté, de désencombrement de la maison).

Pour ma part, je n'ai finalement pas tout lu, car le texte avait à mes yeux tendance à trop se répéter (mais je l'ai bien feuilleté, et les photos sont très belles). J'y ai pioché des informations utiles, mais le livre en lui-même ne me sera pas indispensable. Je pense que de nombreux blogs et articles sur ce sujet sont facilement accessibles sur Internet, également en lien avec le "zéro déchet", le DIY (Do It Yourself), ... C'est toutefois une bonne aide pour qui veut comprendre ce mode de vie, et commencer à vivre un peu plus en accord avec notre chère planète.
En revanche, les considérations sur la société suédoise m'ont instruite, mais m'ont aussi amenée à me questionner pour savoir si toute la société est vraiment concernée par ce mode de vie. A lire ce livre, on reste sur l'impression qu'il n'y a aucune pauvreté dans le pays, aucun conflit, et que tout le monde y est heureux. A creuser, donc...

mardi 20 mars 2018

L'héritier du roi Arthur / Bertrand Crapez

Quatrième de couverture :

"Le royaume de Logres court un grave danger. Le roi Arthur est devenu trop vieux, ses chevaliers ont disparu, Merlin a perdu ses pouvoirs et Galaad a soif de vengeance !
Kadfael, le jeune protégé de Merlin et fils de Perceval le Gallois, va tenter l'impossible pour trouver le Graal, protéger Excalibur et rendre au royaume sa splendeur perdue. Aidé de son vieux maître, d'un nain bougon et d'Adélice, une fée aussi courageuse que troublante, il sera confronté à des situations plus périlleuses les unes que les autres.
Hommes, fées et nains devront s'allier pour éviter la destruction de leur monde. Réussiront-ils à vaincre Vikings, dragons, banshees, trolls à la solde de Galaad, le chevalier félon ?
A mi-chemin entre les récits des chevaliers de la Table Ronde, les légendes celtiques et la mythologie scandinave, L'Héritier du roi Arthur plonge le lecteur dans un univers épique peuplé de héros et de créatures fantastiques, drôles ou terrifiantes !
Bienvenue dans un nouveau monde de fantasy..."




Mon avis :

Je commencerai par rebondir sur cette quatrième de couverture : "un nouveau monde de fantasy" ? Ce n'est pas l'impression que j'ai eue. Au contraire, j'ai vraiment ressenti les influences de l'auteur, de Tolkien aux mythologies celtique et nordique (et j'ai parfois revu des scènes tirées de l'adaptation par Peter Jackson du Seigneur des Anneaux, ou autres films cultes de fantasy...). Ce n'est pas un mal, au contraire ! Je pense que Bertrand Crapez maîtrise vraiment son sujet, et que ce roman peut constituer une bonne entrée en matière à qui n'est pas familier du genre, ou encore aux plus jeunes lecteurs.
Pour ma part, j'ai surtout été surprise.

Surprise de l'interprétation qui est faite de l'univers arthurien (et principalement de Merlin, car pour le reste, on peut se dire effectivement que cette histoire se passe après les aventures connues du Roi Arthur et de ses chevaliers).
Surprise des clichés utilisés pour caractériser les personnages (mais là aussi, c'est le genre qui veut ça), qui m'ont semblé trop peu développés.
Enfin, l'intrigue m'a semblé simple aussi dans son déroulement, ou trop prévisible : pas vraiment de difficulté à surmonter pour les héros comme pour les ennemis, des sauvetages qui tombent à pic, des pièges déjoués trop facilement, ... Mais ceci vaut pour le début du roman car je ne nie pas par la suite quelques moments d'étonnement que je n'avais pas prévu.

En effet, je ne sais si c'est parce que le sujet prend de la gravité, ou si c'est parce que je me suis habituée à l'univers, mais j'ai préféré les 2e et 3e parties du roman. Dans tous les cas, l'écriture est simple et fluide, je n'ai pas eu à me forcer pour le lire.
Je pense surtout qu'en prenant appui sur un univers créé de toutes pièces, et non repris de la légende arthurienne, j'aurais eu le roman de fantasy que j'attendais. Ce sera sans doute ce que je trouverai dans la suite (car je me suis engagée dans une trilogie : Les chroniques des prophéties oubliées. A suivre donc...). Ce qui m'a le plus dérangée ici a été l'interprétation très personnelle et pas toujours juste qui est faite d'éléments mythiques comme le Graal, et l'histoire des fées Morgane, Viviane et Mélusine.

En résumé, en puriste de la légende arthurienne, j'ai eu quelques difficultés avec ce roman, mais je ne le rejette pas en bloc.
Je dois bien l'avouer : j'ai râlé plusieurs fois. Mais j'ai essayé de voir plus loin. Pour qui ne s'attache pas à l'exactitude de la légende, je pense que c'est une bonne entrée en matière.

mercredi 7 mars 2018

A la croisée des mondes / Philip Pullman

Les royaumes du Nord (A la croisée des mondes, tome 1)


Quatrième de couverture :

"Élevée dans l'atmosphère confinée du prestigieux Jordan College, Lyra, accompagnée de son daemon Pantalaimon, passait ses journées à courir dans les rues d'Oxford à la recherche éperdue d'aventures. Cette vie insouciante prend fin pourtant lorsqu'elle est confiée à Mme Coulter, au moment où Roger, son meilleur ami, disparaît, victime des ravisseurs d'enfants qui opèrent dans tout le pays. Mais lassée de jouer les petites filles modèles, et intriguée par la Poussière, une extraordinaire particule qui suscite effroi et convoitises, Lyra s'enfuit et entame un voyage vers le Grand Nord, périlleux et exaltant, qui lui apportera la révélation de ses extraordinaires pouvoirs et la conduira à la frontière d'un autre monde."




Mon avis :

J'ai été agréablement surprise par ce 1er tome. Il est vrai que j'en ai beaucoup entendu parler, que la trilogie est souvent présentée comme un monument de la fantasy pour la jeunesse, un peu éclipsé par la parution quasi simultanée de Harry Potter... et c'est sans doute pour ça que j'ai tant tardé à la lire. En effet, je me méfie toujours un peu des critiques trop élogieuses (pour Harry Potter, ce n'est pas pareil, j'étais déjà séduite avant que le phénomène ne prenne l'ampleur qu'il a aujourd'hui).

Un peu décontenancée au début par le manque d'indications sur l'époque ou le monde dans lequel se situe l'intrigue, j'ai vite arrêté de me poser des questions pour accepter de suivre l'auteur là où il veut nous emmener. En effet, on entre tout de suite dans le vif du sujet, mais les explications finissent par arriver.

Miam - La Bodleian Library d'Oxford
D'abord l'ambiance m'a plu : Oxford, un collège qu'on se représente aisément sur le modèle de la célèbre Bodleian library, une atmosphère à la Dickens avec ses bandes d'enfants des rues, ses gitans sur des péniches, ses cours d'eau boueux... Puis le Nord, le Grand Nord, le froid, la neige, les ours polaires... C'est une ambiance qui a su me séduire et me fasciner, et qui correspond bien à l'intrigue.

J'ai trouvé les personnages attachants également : certains plus que d'autres bien sûr, mon préféré étant, je pense, Iorek Byrnisson. Mais j'ai été ravie d'enfin "rencontrer" les personnages principaux dont je ne connaissais que les noms, comme Lyra, Mme Coulter, Lord Asriel...
J'ai eu toutefois tendance à plus m'attacher aux personnages secondaires (sorcières, ours en armure, gitans).

En revanche, certains passages m'ont surpris, du fait de la violence qu'ils relataient. Il s'agit surtout de ce qui tourne autour de l'intrigue du tome : par exemple, le sort réservé aux enfants qui ont été enlevés ; la fin du roman à laquelle rien ne nous préparait. C'est pourquoi je pense que cette lecture ne s'adresse pas aux très jeunes (moins de 10 ans) qui n'en saisiront pas toutes les nuances.
De même, les passages expliquant le phénomène de la Poussière, le rôle de l'Eglise, etc., sont parfois très poussés et demandent une lecture un peu plus attentive.

Quoiqu'il en soit, j'ai effectivement beaucoup aimé ce premier tome, dont les pages se tournaient toutes seules : je m'y plongeais dès que j'avais un moment de libre. Je l'ai dévoré :-)


La tour des Anges (A la croisée des mondes, tome 2)

Quatrième de couverture :

"Le jeune Will Parry, à la recherche de son père disparu depuis de longues années, est poursuivi par des hommes dont il sait peu de choses. Il traverse une brèche presque invisible, et pénètre dans une étrange cité, Cittàgazze, où des spectres mangeurs d'âmes rôdent dans les rues. Il y rencontre Lyra Parle-d'Or, qui a franchi le pont entre les mondes édifié par Lord Asriel. Elle aussi cherche à rejoindre son père. Ensemble, ils vont entamer un périlleux voyage à travers les dimensions, et découvrir un secret mortel : un objet d'une puissance extraordinaire et dévastatrice. Ils devront lutter contre les forces obscures du mal et, pour accomplir leur quête, pénétrer dans une mystérieuse tour, la Torre degli Angeli..."




Mon avis :

Je poursuis ma lecture avec le tome 2. D'abord très enthousiaste de connaître la suite des aventures des personnages rencontrés dans le tome 1, je suis finalement vite surprise et un peu désorientée. L'univers est différent, et je ne retrouve pas les personnages que j'ai appris à connaître. Lyra est un peu plus énervante, et Will ne parvient pas à me passionner.
Néanmoins, mis à part quelques passages, je finis par accrocher à cette suite car en avançant ma lecture, je m'aperçois que tout est lié, et que ce tome n'est plus si éloigné du premier que je le pensais.

Le dialogue semble toujours primer sur le reste, sans que l'action soit absente. Au contraire, elle s'accentue, et accentue aussi sa critique à propos de l'autorité, des religions.

C'est un deuxième tome plus petit, mais pas plus rapide à lire du fait de la gravité de certains passages. Encore une fois, la fin m'a surprise. Alors que j'étais un peu déçue au début, je m'aperçois que je suis quand même prise dans l'histoire, et que chaque détail a son importance dans la mise en place d'une plus grande intrigue qui s'annonce terrible.


Le miroir d'ambre (A la croisée des mondes, tome 3)

Quatrième de couverture :

"Séparée de son compagnon Will, la jeune Lyra est retenue prisonnière par l'ambitieuse et impitoyable Mme Coulter qui, pour mieux s'assurer de sa docilité, l'a plongée dans un sommeil artificiel. Parti à sa recherche escorté de deux anges, Balthamos et Baruch, Will parvient au prix d'un terrible sacrifice à la délivrer. Mais une mission encore plus périlleuse les attend : un voyage dans une contrée d'où nulle âme n'est jamais revenue, le royaume des morts...
Conteur exceptionnel, Philip Pullman conclut avec brio une trilogie qui figure d'ores et déjà au panthéon des littératures de l'imaginaire, et signe là un pur chef-d'oeuvre."




Mon avis :

Et voilà, j'ai terminé cette trilogie ! Je suis à la fois contente de l'avoir lue, mais un peu perplexe toutefois. Je persiste à penser que cette histoire, dans sa complexité, ne s'adresse pas à des enfants.

J'ai beaucoup aimé le tome 1, un peu moins les deux autres. Au fur et à mesure de l'avancée de l'intrigue de fond (le combat contre l'autorité religieuse et la guerre qui se prépare), j'avais tendance à me perdre. Et comme le sujet est complexe, j'ai rencontré des difficultés avec l'écriture. En effet, durant certains moments d'action, je n'ai pas réussi du tout à me projeter : si j'ai compris l'intrigue dans sa globalité, je n'ai pas réussi à savourer tous les détails de l'action.
[Un exemple concret : je n'ai personnellement pas réussi à me représenter la façon qu'avaient les mulefas de rouler (comment ils accrochaient leurs griffes sur les cosses). Cela n'est qu'un détail sans grande importance, pour ne pas dévoiler d'élément clé à qui ne l'aurait pas lu, mais ce n'est qu'un exemple parmi d'autres].

Je ferai juste un petit parallèle avec la quadrilogie La Passe-Miroir. J'en ai déjà parlé ici, Christelle Dabos développe une intrigue avec laquelle je ne me sens pas très à l'aise, et qui vient surplomber celles des différents tomes. Je crains justement de ressentir, lorsque je lirai le dernier tome, cette impression que j'ai eue ici : celle d'être entraînée dans les "délires" (je ne l'entends pas au sens péjoratif, mais j'emploie ce terme car l'imagination va parfois un peu loin) de l'auteur, sans véritable explication claire. Dans le 1er tome de La Passe-Miroir, on se retrouve face à des "bribes" déconnectées du reste de l'histoire, sans aucune explication.

C'était en revanche une bonne idée de faire grandir les enfants, de montrer les changements qui peuvent se produire chez les humains (je pense en particulier à Mme Coulter, sans pouvoir en dire plus), et de présenter des personnages très variés.

En définitive, j'ai une impression d'inachevé. On nous prépare au destin particulier de Lyra (et de Mary Malone), à l'importance de la Poussière, à une grande guerre qui entraînera un changement de monde, mais plus j'y réfléchis, plus je me dis que j'ai raté quelque chose, que je n'ai pas eu les explications et les développements que tout ceci méritait.
Peut-être suis-je passée à côté ? Dommage...
Une bonne lecture toutefois (que je ne regrette pas, malgré mes interrogations). Je préfère en retenir surtout l'univers original et agréable à fréquenter.

vendredi 26 janvier 2018

Les enfants de Hùrin / J.R.R. Tolkien

Quatrième de couverture :

"Des milliers d'années avant Le Seigneur des Anneaux, la Terre du Milieu est en proie aux luttes entre Morgoth, le premier Seigneur Ténébreux, et les Elfes, alliés aux Hommes. C'est contre Tùrin et Niënor, les enfants de Hùrin, que Morgoth va lancer une terrible malédiction, les contraignant à une vie malheureuse et errante, pour se venger du héros qui a osé le défier.
Les Enfants de Hùrin, oeuvre entreprise par Tolkien au cours de la Première Guerre mondiale, s'adresse aux lecteurs du Seigneur des Anneaux, qui retrouveront le souffle de ce roman dans l'histoire de Tùrin, héros humain qui cherche sa place parmi les Elfes et les Hommes dans un monde en guerre : trompé par le destin, il lutte de manière spectaculaire et tragique contre Morgoth, nous faisant découvrir un passé méconnu de la Terre du Milieu."




Mon avis :

Comme indiqué en quatrième de couverture, et sans surprise je pense, mon premier conseil sera d'avoir déjà lu du Tolkien, et surtout d'aimer ses écrits. En effet, je ne cacherai pas qu'il y a, dans ce roman, des passages un peu plus obscurs, moins accessibles, que d'autres qui se dévorent sans difficulté.
Pour ma part, j'ai déjà lu Le Hobbit et Le Seigneur des Anneaux. Suivant les conseils de Tolkiendil ("Dans quel ordre lire les livres de Tolkien ?" : https://www.facebook.com/notes/tolkiendil/dans-quel-ordre-lire-les-livres-de-tolkien-/10154313337208247/) et de mon amoureux, j'ai terminé de lire cette histoire, belle et terrible, qui est en fait un extrait développé du Silmarillion.

C'est une plongée loin, bien loin, du temps durant lequel se déroule le Seigneur des Anneaux. Néanmoins, l'univers et les créatures qui le parcourent sont les mêmes : Hommes, Elfes, Nains, Orques, Dragons sont au rendez-vous.

Si j'ai eu quelques difficultés, et dû faire quelques recherches, c'était principalement pour me repérer dans les personnages (les Elfes surtout), et pour situer le Beleriand où se déroule l'action : sans dévoiler d'élément important, je peux donc dire que c'est une terre qui a été submergée, et qui ne figure plus sur les cartes les plus connues de la Terre du Milieu ;-)
Pour ce genre de questions, l'encyclopédie Tolkiendil est une véritable mine d'informations !

Malgré tout, j'ai été conquise par cette histoire où Bien et Mal ne sont pas toujours là où on pourrait les attendre ; l'attitude de Tùrin m'a souvent énervée, avant de me rappeler qu'il est sous l'emprise d'une malédiction durant tout le récit ; je me suis posé pas mal de questions... C'est une histoire qui ne m'a pas laissée indifférente, m'a fait battre le coeur un peu plus vite, m'a laissée étonnée, énervée, compatissante.
Je poursuivrai bien sûr avec la lecture de Beren et Lùthien, récemment compilé et publié par Christopher Tolkien, tout comme il le fit avec ce livre, pour poursuivre ma découverte de cet univers si dense.